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"Justice et Paix" . Au plan international, lApostolatus Maris sest tourné très tôt vers la marine de ommerce.
Aujourdhui plusieurs pays sintéressent aussi à la
pêche : le sud de lInde, lîle Maurice, lEspagne,
la France, etc
. Ce souci est aussi partagé par lICMA (International
Christian Maritime Association).
Comment définir la Mission de la Mer
en France ?
Elle se présente à la fois comme une association loi
1901 avec environ 300 cotisants (et des sympathisants, chrétiens ou non).
Elle se définit aussi comme un organisme dÉglise. Suite
au départ du Père MOLERES, évêque de Bayonne, qui
nous a beaucoup aidé par le passé et qui reste membre du Conseil
Pontifical pour la Pastorale des migrants, nous attendons un autre lien avec
lépiscopat.
Cet organisme dÉglise est-il un service
?
(comme le service des malades dans les hôpitaux).
Oui et non. La Mission
de la Mer pourrait être qualifiée de service dÉglise
lorsquelle sinvestit dans laccueil des marins (de toutes races,
cultures, religions) qui sont nombreux à fréquenter les grands
ports français. Ces activités - foyers daccueil, visiteurs
de bateaux - se sont largement développées ces vingt dernières
années. Des chrétiens du monde maritime sont partie prenante de
réseaux daccueil des marins en lien avec dautres églises
ou dautres associations : Amis des marins et FAAM (Fédération
des Associations dAccueil de Marins). Et que dire de ces équipages
abandonnés quil faut soutenir moralement et matériellement
pendant de longs mois (voire des années) en partenariat avec des associations
humanitaires, le CCFD, le Secours Catholique
Dieu merci, ces bateaux oubliés
semblent moins nombreux dans notre pays.
Cet organisme dÉglise
est-il un mouvement laction catholique ?
Pas dans sa totalité mais
la Mission de la Mer reçoit la réflexion de quelques membres de
lA.C.O.M. (Action Catholique Ouvrière Maritime) située dans
la Région Bretagne.
Cet organisme dÉglise est-il une aumônerie
de la Mer ?
(comme la Mission Catholique de France qui coordonne les aumôneries
détudiants).
Oui en partie. Dans les ports de pêche surtout,
des groupes animent des réflexions humaines et chrétiennes. Ces
aumôneries de port jouissent souvent dune reconnaissance dans le
milieu maritime local. Elles sont de plus en plus prises en charge par des laïcs
(ou diacres) et se manifestent plus spécifiquement lors de naufrages
ou de drames, par leur proximité des gens de mer et de lÉglise
locale. Notons que des temps de réflexions (style aumônerie détudiants),
en lien avec la jeunesse de a Mer sont proposées aux élèves
de plusieurs écoles dHydro qui forment les officiers. Enfin, par
lengagement de ses membres, la MdM est en lien avec de nombreux organismes
professionnels comités locaux, SNSM, etc.) et participe à la vie
des paroisses littorales.
Liens avec lÉglise de France :
La Mission
de la Mer est donc difficile à définir. Dans la réforme
des structures de la Conférence des Évêques de France, est
proposé un rattachement non plus avec le Conseil pour les Mouvements
et Associations de Laïcs mais avec la Commission pour la Mission Universelle
de lÉglise. Cette nouvelle manière de nous situer nous rapproche
des migrants et itinérants, comme à Rome, mais nous éloigne
un peu des mouvements apostoliques. Lavenir nous dira si nous avons fait
le bon choix.
La Mission de la Mer : écoute des hommes, présence
dEglise.
Disons avec notre ancien évêque promoteur, le Père
Molères, que cet Apostolat de la mer ressemble à un coquillage
que lÉglise peut coller à son oreille pour écouter
la mer.
Écoute les marins du commerce
Cet effort découte
est à poursuivre en direction des marins français au commerce
qui sont aujourdhui moins nombreux et souvent dispersés loin des
lieux de recrutement traditionnels. Ils ont été amenés
à sadapter à la navigation avec des équipages multiculturels
et à accepter le R.I.F. (Registre International Français), objet
de débats lan dernier. Beaucoup naviguent sur des navires à
passagers, ou trouvent un embarquement pour les services portuaires. Enfin,
les "Conseils de Bien-Être" pour faciliter la vie des marins
en escale se mettent peu à peu en place en France et la MdM y est attentive.
Écoute aussi les marins de la pêche.
Cette profession se sent aujourdhui
menacée. En vingt ans, nous dit le journal Ouest-France, la flottille
a perdu la moitié de ses navires
en France et il reste 29000 marins pêcheurs. La maîtrise des stocks
et les dispositions européennes exigent des pêcheurs un important
changement de mentalité : il sagit de pêcher mieux plutôt
que pêcher beaucoup. On trouve encore des hommes qui savent se battre
pour faire respecter leur mode de vie et leur profession, des jeunes qui ont
la "vocation" et des esprits qui évoluent plus vite quon
ne le croit. Après que pour la première fois, des pêcheurs
aient fait face à la pollution du Prestige en Espagne et en France pour
protéger leur lieu de travail : la mer, dautres aujourdhui
recherchent activement des moyens techniques modernes plus sélectifs
et plus respectueux de la biomasse. Reste que la réduction constante
des quotas, les contrôles intempestifs, le prix du carburant pèsent
sur le moral des professionnels de la pêche. Alors que des accrochages
se produisent encore au large entre pêcheurs espagnols et français,
lapostolat de la mer de nos deux pays fait le lien et tente des rapprochements
qui en dautres lieux existent (avec les îles anglo-normandes par
exemple). Un effort de dialogue seffectue aussi au sein des associations
de femmes de marins en France et en Espagne. Elles se rencontrent depuis longtemps
et gardent des relations fortes avec lÉglise.
La Mission de la
Mer, présence dÉglise au monde maritime.
Elle a démarré
il y a cinquante ans, précédée par la JMC (Jeunesse maritime
Chrétienne) et par le célèbre Père LEBRET, dominicain,
connu aussi bien dans lÉglise que sur les ports pour son action
sociale. A lorigine, la MdM était essentiellement laffaire
des prêtres : les Franciscains à Boulogne, les prêtres de
la Mission de France tournés dès lorigine vers le travail
à bord : voie originale de lÉglise de France. La Mission
de la Mer ne saurait assez rappeler ce quelle doit à ces hommes
du large ou des terres australes. Certains membres du clergé diocésain
ont, par la suite, suivi ce chemin. Aujourdhui, il ne reste plus quun
prêtre navigant qui approche de la retraite. Comment assurer lavenir
? Mais des laïcs ont pris des responsabilités à tous les
niveaux : le président, les régionaux car la MdM est régionalisée
et très à lécoute de la vie de ses quatre régions.
En effet, sil y a partout la mer, les cultures se révèlent
très typées : un Breton nest pas un Méditerranéen,
un Basque ne peut se confondre avec un Boulonnais. Chacun a sa manière
de vivre la mer, dassurer laccueil des navigants de passage, dêtre
chrétien à travers sa culture et ses relations humaines.
La Mission de la Mer
poursuit donc son chemin discrètement mais toujours
au coeur des grands problèmes internationaux. La mondialisation, nous
connaissons depuis trente ans; elle a produit les bateaux sous pavillon de
complaisance, de nombreuses déréglementations, des catastrophes
écologiques mais grâce à elle, des marins du tiers-monde
ont trouvé un emploi. A lécoute de ce monde maritime qui
bouge, notre mission principale se situe autour du respect de lhomme de
la mer dans sa dignité, son travail, sa culture, sa religion.
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