En partenariat avec la Prud'homie de Pêche de Cannes, Eco-Mer souhaite revitaliser la baie de Cannes, et tout autre fond marin de la Méditerranée dans le besoin, quel qu'il soit. En effet, il ne suffit plus de dire que nos villes balnéaires sont toutes bleues : la mer, le ciel, le pavillon, tout ici est bleu ou presque ! Bien sûr, vous pouvez prendre une burette d'eau de mer, la faire analyser et on vous répondra que tout est ok. Les Azuréens savent qu'il y a trente ans nos côtes étaient noires de moules et d'oursins, peuplées de coquillages de toutes sortes, d'algues de toutes les couleurs dans lesquelles des nuées de poissons venaient se nourrir ou se protéger. A l'époque, pour rentrer dans l'eau, aux Iles de Lerins, il fallait porter des sandales en caoutchouc, sinon attention aux épines d'oursins! Chaque année, les mairies faisaient gratter les piliers de leurs pontons et les bouées de signalisation, tellement les essaims de moules étaient considérés comme un fléau !
- Que dire aujourd'hui de cette mousse verdâtre qui recouvre nos rivages azuréens de 0 à 15m de profondeur, et de l'absence de quasiment toute autre vie ?
Quel est le phénomène qui a causé tant de ravages ?
Pourquoi la vie n'existe quasiment plus dans cette zone, alors que l'on vous dit que l'eau est propre ?
En fait ce qu'il faut comprendre, c'est que la mer est soit-disant propre, détergents inclus (elle ne l'est jamais réellement partout, sinon pourquoi mettre des bateaux nettoyeurs sur l'eau?), mais que les fonds sont pollués. Pollués par exemple par l'eau de ruissellement non captée de nos rivages, qui draine avec elle son escorte de polluants urbains. Pollués par les détergents et autres produits hasardeux non traités par les stations de traitement des eaux usées. Pollués par les ports qui ne respectent pas les normes écologiques. Dans les Alpes Maritimes, seulement 1/3 des ports sont aux normes du pavillon bleu européen. Pollués par les eaux usées des bateaux qui tirent leur chasse chaque jour dans la même mer où vous vous baignez. Pollués par les pompes de fond de cale des bateaux qui déversent chaque jour leurs eaux sales chargées de détergents, d'huiles, de gasoil, d'essence... Pollués par des décennies d'antifouling de bateaux à base de poisons mortels pour l'homme et l'environnement... Dieu merci, il existe aujourd'hui des réservoirs à eaux noires, à eaux grises, des peintures antifouling écologiques, et des plaisanciers et armateurs heureux de participer à la préservation du milieu maritime. A vous tous, merci! Il reste, néanmoins, encore beaucoup de travail à faire pour que tous les bateaux soient équipés, et pour que toutes les installations portuaires puissent recevoir ces eaux sales.

(la mousse causée par les détergents)
Historiquement, c'est l'article reproduit en partie ci-dessous de Henry UGIER, publié en 1993, Laboratoire de biologie marine fondamentale et appliquée et Centre d'Études de Recherches et d'Informations sur la Mer, Faculté des Sciences de Marseille-Luminy, qui nous a expliqué pour la première fois que l'empoisonnement de la flore et de la faune marine est due en grande partie aux détergents non bio-dégradables. Finalement, les bateaux n'ont que peu d'impact à ce niveau-là. Ouf, c'est rassurant quand même!. Vous pensiez que j'allais vous faire culpabiliser jusqu'à n'en plus finir. Eh bien non. La personne la plus mortellement dangereuse pour le milieu maritime, c'est celle qui utilise des détergents, et là il faudrait même généraliser en disant, des produits, non bio-dégradables, à terre, comme en mer, tout simplement ! Rappelez-vous en, c'est fondamental !
« L'empoisonnement de la mer : Rejetée directement dans la mer avec les eaux usées urbaines, industrielles et agricoles ou par l'intermédiaire des réseaux hydrographiques ou de collecte d'égout, une partie des détergents utilisés va se retrouver en mer que ce soit sous forme de molécules intactes ou plus ou moins dissociées. Leur action toxique va s'étendre à l'ensemble de la sphère marine, aussi bien sur le fond que dans la tranche d'eau.
En pleine eau, les détergents vont entrer en contact avec les organismes du plancton qui forment d'immenses prairies suspendues sous la surface des océans. A ce niveau, la toxicité des tensioactifs ne se manifeste pas en bloc. Au début, seuls les organismes les plus sensibles sont affectés et à condition que la concentration en tensioactifs dépasse pour eux un seuil critique caractéristique.
Les cellules vivantes sont alors altérées par inhibition progressive de la croissance et des divisions cellulaires, tandis qu'en phase finale, elles se lysent et meurent. Ce processus touche aussi bien les algues (phytoplancton) que les animaux minuscules qui s'en nourrissent (zooplancton) ; s'il prend de l'ampleur, il se soldera par des bilans économiques négatifs, le plancton étant le premier maillon des chaînes alimentaires menant progressivement aux poissons exploités par l'homme…
...La posidonie qui forme de vastes prairies sous-marines pleines de vie et d'une valeur inestimable pour la Méditerranée, est également très sensible aux détergents. Les tensio-actifs mais aussi les borates inhibent la croissance des feuilles et induisent une dépigmentation et des nécroses tissulaires pouvant conduire progressivement à la mort des feuilles puis de la plante.
Les algues pluricellulaires qui composent de nombreux peuplements à proximité du littoral sont aussi souvent sensibles aux détergents. C'est le cas par exemple, de la grande algue brune appelée Cystoseire stricte (Cystoseira stricta) qui a disparu de la presque totalité du littoral pollué de Marseille.
En ce qui concerne les animaux marins, si l'on excepte quelques rares cas de résistance remarquable à la toxicité des détergents, on peut dire que pratiquement tous les groupes zoologiques sont affectés, à des titres divers, mais avec des sensibilités et des réactions variables avec les espèces...
...La fertilité des spermatozoïdes de la moule et de l'oursin est par exemple inhibée à des concentrations inférieures à ug/g. Les tensioactifs empêchent la ségrégation des micro-mères au clivage 4 du futur embryon chez les oursins. La mortalité par les tensioactifs commence au stade gastrula chez les poissons et se poursuit au stade embryonnaire avant la formation du système vasculaire. Des perturbations de la croissance et du développement ont été aussi observées pour les œufs et les larves des crustacés, des mollusques, des oursins et pour les œufs et les juvéniles des poissons...
...Signalons pour terminer que les effets toxiques des tensioactifs peuvent être aggravés par la présence d'autres polluants tels que les métaux, les pesticides et les produits pétroliers. »
Bien sûr tout cela est en train de changer. Le législateur a pris conscience de ces choses et de nouvelles lois commencent à mettre un stop à nos pratiques autodestructrices. Le monde commence à prendre conscience que les océans sont des lieux tri-dimensionnels où la mer se conçoit, sous, sur et à ses côtés.
- IL EST TEMPS D'AGIR MAINTENANT !
Conscient que depuis ce rapport les communes ont fait des progrès et qu'aujourd'hui de nouveaux centres de traitements des eaux usées ont déjà commencé ou vont bientôt pouvoir commencer à fonctionner en prenant compte des détergents et autres produits néfastes à l'environnement marin sur notre littoral, le glas du renouveau écologique maritime ayant sonné, ECO-MER souhaite lancer des études de faisabilité pour la revitalisation des fonds marins azuréens par le biais de projets d’installation de récifs artificiels et de réimplantation d'herbiers de posédonie. Ces études constitueront une première approche qui permettra d’apporter les éléments nécessaires à la décision d’aller plus avant dans chaque projet. Elles devront aboutir, si leur faisabilité est confirmée, à la décision d’engager la réalisation des dossiers de conception, d’études d’impact et d’autorisation d’occupation du domaine public maritime. Un rassemblement des données existantes, sensibles pour chaque projet, sera effectué avec notamment la recherche des statuts éventuels de protection et de classement de la zone, la recherche de la présence d’espèces protégées, la mise en évidence de conflits d’usage (navigation, pêche, …). L’avis de l’ensemble des parties prenantes (pêcheurs, gestionnaires maritimes, autorités politiques, associations, ….) sera recherché. En outre, les avantages et inconvénients éventuels de chaque projet seront mis en évidence. Des visites de terrain seront réalisées par des plongeurs professionnels biologistes afin d’apporter une connaissance précise de la situation environnementale sur chaque fond pré-senti pour un développement écologique. En baie de Cannes, celui-ci se situe sur un carré quasiment exempt de toute faune et de flore entre la pointe du Bataiguier et le Vieux Port de Cannes, plus ou moins, face à la pointe Croisette. Les partenaires de chaque projet seront réunis (porteurs de projet, pêcheurs, concepteurs pressentis, scientifiques, … ) afin dʼarriver à la conceptualisation dʼun projet réaliste dans une enveloppe financière définie ou à définir.
- POURQUOI ET COMMENT REVITALISER UN SITE MARIN ?

(installation de récifs artificiels dans l'Hérault)
Les premiers récifs artificiels ont vu le jour au Japon du moyen âge sous la forme de structures de bambou mis en place par les pêcheurs. Ils connaissaient l'attirance des poissons pour toutes sortes d'objets immergés (épaves, troncs d'arbres, algues flottantes, et évidemment récifs naturels), ces structures leur permettaient d'améliorer leurs pêches. C'est en 1650 toujours au Japon que de véritables récifs artificiels sont réalisés. Plus tard, en 1876, des aménagements du même type sont dédiés spécifiquement à la pêche de la dorade. En 1952, l'état japonais s'investit dans le phénomène et aide au financement de programmes ambitieux. Pour exemple, le IIème plan septennal de 1982-88 représentait une enveloppe de 140 milliards de Yens, soit au cours de l'époque, quelques 5,6 milliards de francs français. Les matériaux ont évolué, et le béton est le plus utilisé. L'avenir est probablement un "Ranch marin" haute technologie, construit dans le cadre du programme "Marinovation" dans le département d'Oita (île de Kyushu), devant la station expérimentale des pêches de Saeki.

(Autres types de récifs artificiel )
Les motivations varient d'un pays à l'autre, comme d'un site à l'autre. Aux Etats-Unis, les récifs artificiels sont le plus souvent dédiés à la pêche sportive et donc au tourisme. Les Italiens espèrent développer la conchyliculture pour satisfaire leur marché: ils sont les plus grands consommateurs de moules et peut-être même d'huîtres en Europe.
Pour les habitants de Tabarca, petite île en face d'Alicante en Espagne, c'est la protection d'un champ de posidonies, et par là même de la pêche traditionnelle qui a impulsé le projet de construction d'un récif. En France, les récifs artificiels sont mis en place par des collectivités locales, des associations ou des organismes de recherche, et chacun y poursuit des buts qui lui sont propres de l'étude scientifique à la protection des lieux de pêche. En ce qui nous concerne, le but recherché est la revitalisation complète des fonds marins.

(herbier de posidonie)
Les herbiers de posidonies ne demandent qu'à être développés. La posidonie est une plante endémique méditerranéenne (on ne la trouve qu'en Méditerranée). L' herbier de Posidonies est l'écosystème indispensable à la vie marine : Il est le poumon de la Méditerranée (production de 14 à 20 litres d' oxygène par jour et par m2). C'est une oasis de vie: dans ses feuilles, algues et animaux y vivent, s' y nourrissent, s' y abritent et s' y reproduisent. Il représente le premier maillon de la chaîne alimentaire. Il participe à la construction des fonds marins, les rehausse et les stabilise.
La posidonie est une algue qui se plante ou se transplante dans la nature, naturellement, par bouturage, transplantation de son rhizome ou essaimage de graines. Dans le respect de la directive EC 92/43 pour la conservation des habitats naturels, réimplanter la posidonie sur un site où plus rien ne pousse aujourd'hui (plus de 50% des espaces disponibles), c'est l'aider à se développer de façon plus importante que la nature lui permettrait de faire, but recherché en ce qui concerne la conservation de l'espèce. Des résultats phénoménaux ont par ailleurs été obtenus par l'association « les jardiniers de la mer » dont le bilan parle par lui-même : 1 - la réimplantation de 5 000m² de posidonies par bouturage et germination ( rhizomes et graines récupérés uniquement sur la plage et non prélevés sur l'herbier vivant) répartis entre Giens, Cannes, Nice, Monaco et Marseille avec 60 à 95 % de réussite), 2 - la germination de 21 000 graines de posidonies en aquariums, en germoirs en mer, 3 - la transplantation réussie de boutures et de plantules ( nom de la graine germée) enracinées, 4 - la mise au point de techniques fiables de réimplantations sur tout type de fonds marins : sableux, sablo-vaseux, et sur mattes mortes. 5- la mise au point de produits naturels de cicatrisation et de croissance des boutures, 6 - le positionnement de 5 400 boutures à l' heure au fond de l'eau à l'aide de 6 plongeurs, 7 - l'immersion de 40 récifs alvéolés et de rouleaux de fibres de coco avec pour objectifs : augmenter la biodiversité marine( faune et flore) ; limiter la vitesse des courants de fonds, éviter les ruptures des profils d'équilibre entre la mer et la plage, favoriser la stabilisation de l'avant plage et limiter le recul du trait de côte, 8 - la possibilité de réparer les dégâts causés par l'homme en revégétalisant à grande échelle sans prélever sur le vivant.

(collecte des post-larves)
Aujourd'hui, pour aider à reconstituer le stock de géniteurs des espèces autochtones, les post-larves endémique au site choisi peuvent être capturées puis grossies dans un « aquarium » spécifiquement adapté. Elles sont ensuite réensemencées sur des habitats d’émancipation (micro-habitats) adaptés aux poissons juvéniles relâchés. La post-larve - de poisson ou d’invertébré - est le dernier stade larvaire pélagique du cycle de vie qui se termine, pour la plupart des animaux marins côtiers, par une phase de colonisation de l’habitat d’origine. Plus de 95% de ces post-larves disparaît alors par prédation naturelle dans la semaine suivant leur installation. Grâce à des engins de pêche adaptés, ces post-larves sont capturées vivantes avant qu’elles ne retournent dans leur habitat pour s'y installer et donc subir cette forte mortalité naturelle. Ecocean, la jeune entreprise innovante qui nous fait découvrir cette solution, a donc pour objectif de prélever avant la forte prédation, une faible proportion de ces post-larves dans une ressource naturelle importante et inexploitée, afin d’obtenir, après élevage, des animaux valorisables tout en réduisant l'effort de pêche sur les stocks. Le réensemencement d'un récif artificiel est alors extrêmement rapide et la revitalisation d'un tel site se fait sans attente.
- LE COÛT :
Chaque projet étant, par nature, différent, il est nécessaire de procéder par une première démarche qualitative (cela ne concerne que l'étude de faisabilité expliquée plus haut). Son cout est de 15 680€ par projet.
-CHOIX DU FINANCEMENT
A terre, souvent, une exigence locale demande qu'autant d'espace vert soit développé que de bâti. Pourquoi ne pas faire de même en mer pour tout développement portuaire? Nous assumons ce choix pleinement, car le monde entier est lié au développement et à la survie des océans, et à ce titre, le développement portuaire en est la clé de voute !
- CONCLUSION
L'effort écologique à faire pour sauvegarder la faune et la flore de nos fonds marins méditerranéens demande que tout le monde en soit un acteur partie prenante. N'utilisez plus que des produits bio-dégradables et aidez nous dans nos actions. Comment nous aider ? La première étape doit d'abord passer par les études de faisabilité. C'est donc des sponsors pour financer ces premières actions que nous recherchons aujourd'hui. Merci par avance pour toute aide que vous pourrez nous apporter.
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